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16.1.26

Secrets d’écriture #1 - Écouter son intuition


Qu'est-ce que l'intuition ?

En écriture, dans l'art, tout comme en business, écouter son intuition est à la fois un exercice simple et très difficile. Un secret bien gardé.
De quoi d'agit-il ?
Il s'agit d'idées qui viennent à nous sous la forme d’images, de sons, de sensations, à la fois présents et discrets.

Comment y prêter attention, ne pas les laisser passer ?

Lorsqu'une pensée revient avec insistance, le temps est venu de lui donner par les mots, une consistance. Et voir où elle peut mener.

Dans cette première chronique d’écriture, je reviens sur l’importance de l’intuition dans le processus créatif, sur cette attention particulière à ce qui insiste et demande à être noté, créé.

+ Sur ce thème, je vous propose également le texte Écouter sa chanson, publié sur ce blog.


5.1.26

L'histoire derrière la nouvelle : La nuit infinie (Concours de nouvelle Librinova)


Les concours Librinova m'inspirent ! Après le concours en partenariat avec le magazine Lire (lire le texte, "Au bord du chemin" et l'histoire derrière la nouvelle sur ces précédents sujets), j'ai participé à l'appel à texte intitulé : "La Nuit des révélations".

Sur le même format (12000 à 16000 signes), il s'agissait d'écrire une nouvelle commençant par « Cette nuit-là, tout a basculé... », sur le thème du bouleversement, tous genres littéraires acceptés. Avec pour seule consigne : laisser parler son imagination.

Tout de suite, à la lecture de l'énoncé, une phrase est venue se graver à "Cette nuit-là, tout a basculé".

19.10.25

L’enfant, passé, présent


         Comment l’enfant du passé reste-t-il présent en chacun de nous ? À quel point faut-il se contenter de l’adulte construit au fil des années, des expériences ? Le thème de l’enfance, transversal à plusieurs projets*, m’habite et m’interroge en permanence, cœur d’une sphère dans laquelle des idées s’agitent, s’entrechoquent et se multiplient. Ces questions trouvent résonance dans une lecture, un film, une remarque, pour enrichir la réflexion. 

 

         En ouverture de son roman Pas même le bruit d’un fleuve, Hélène Dorion intitule le premier chapitre d’une citation d’Alexandre Marc Oho Bambe (Prix Paul Verlaine de l'Académie française 2015: « Vivre, c'est suivre les traces de l'enfant qu'on a été ». Dans Neverland, Timothée de Fombelle part à la recherche d’un texte symbolique, lui aussi sur les traces de l’enfance. Son livre - à la fois roman, poésie, autobiographie avec une pointe de surnaturel, permet au narrateur de porter un regard sur l’enfant, de le frôler, de le côtoyer. Jusqu’où ? Cette observation en retrait pourrait suffire, par les sensations qu’elle (lui) permet d’éprouver, les souvenirs convoqués. En lisant ce livre, j’ai éprouvé cette impression ambivalente qui oppose l’envie de retrouver l’enfant que nous étions, à celle de le laisser partir. Plus que « retrouver l’enfant en nous », il s’agit de se souvenir que cet enfant existe, d’admettre son côté révolu, autant que de lui conserver une place. « Ce n’est pas grave que je me ride », a dit Sophie Fontanel dans la Grande Librairie, […] « en revanche j’essaie de garder l’intérieur juvénile. ».

14.9.25

L'histoire derrière la nouvelle : Au bord du chemin

Tout d'abord, mes premières réactions à la lecture de l'intitulé - créer un récit libre faisant suite à la première phrase de Salammbô de Gustave Flaubert, furent les suivantes :
"Non, je ne peux pas faire ça"
"Ce n’est pas mon univers"
"Je n’ai rien écrit qui pourrait coller à ce thème"
Mise en retrait devant l'inconnu, devant la page blanche. Croyances limitantes.

Puis, les premiers mots sont venus (dans le métro !). Vous en découvrirez plus à ce sujet dans l'épisode du podcast à venir.

Ces quelques phrases qui me trottaient dans la tête, avec le rythme et leurs mots (autres épisode à ce sujet) m’ont donné l’impulsion nécessaire, pour me lancer. Une base sur laquelle m'appuyer, le début de quelque chose. Et l'envie de voir ce texte se développer.

3.3.24

Le petit caillou cœur


           Auriez-vous gardé, peut-être oublié dans un tiroir ou un placard, un objet sans autre valeur que celle, toute symbolique, que vous lui aviez accordée par le passé ?
J’ai un jour retrouvé dans une boîte à bijoux, au milieu de boucles d’oreilles et colliers fantaisie d’un autre temps, un petit caillou noir plat et lisse, aux contours incertains. 

 

Quand j’étais enfant, en CM1 ou en CM2, la maîtresse nous apprenait quelques mots d’anglais, une base orale de phrases et d'expressions sans référence écrite. Un jour d’été à la plage, je barbotais avec un petit garçon britannique inconnu dans la « mare aux dames » (creux d’eau découvert dans les rochers par la marée basse, plébiscité par plusieurs générations d’enfants). Désireuse d’appendre du vocabulaire autant que de dépasser une communication gestuelle, je pointais du doigt le contenu de la mini piscine naturelle en lui posant la même question : « ouatizite ? », il me nommait avec patience les bigorneaux « it’s a snell ! ». Entre deux rochers il a trouvé un petit caillou noir et plat dont la forme faisait penser à un cœur et me l’a tendu. Il a ensuite disparu et n’est jamais revenu, je ne crois pas avoir su son prénom et n’ai aucun souvenir d’une apparence physique autre que « petit garçon en maillot de bain ».

 

Des années plus tard en retrouvant cet objet, je découvre son souvenir toujours attaché à la minuscule tranche de vie banale et fugace que sans cela, j’aurais sans doute oubliée. L’objet et le moment en mémoire, reliés à mon accent français (quelle surprise en classe de sixième de découvrir l’orthographe « what is it ? »), et à la méconnaissance de l’enfant des différents mollusques présents sur les rochers de l’Atlantique. 

Il n’y avait eu ni souhait de conserver une chose aussi banale, ni de lui attacher une valeur nostalgique ou romantique. Juste le hasard d’un objet caché parmi d’autres. Alors ?

Il me semble, comme la bernique au rocher de la Mare aux Dames (le lieu étant connu des vacanciers, je lui attribue des majuscules), qu’un petit bout d’enfance est accroché à ce caillou. Pas n’importe lequel, au demeurant. 

7.11.23

Écouter sa chanson *


Vous arrive-t-il de vous réveiller avec dans la tête une chanson oubliée ? Des notes perdues, posées sur les premiers instants de conscience ?

Au contraire des rêves de fin de nuit ne cherchant, eux, qu’à s’évaporer, ce qui a habillé notre réveil, persiste. Cette mélodie, ces paroles n'ont pas été écoutées récemment, alors d’où viennent-elles ? Une chose est sûre dans l’incertain : elles ne sont pas issues d’un rêve, mais de quelque chose de plus réel. Quoi ? Pourquoi ? Comment ? Mystère du point de bascule entre la conscience du monde extérieur à son minimum, et l’éveil. 

Toute la matinée on chantonne l’air tel qu’il est venu nous visiter, juste un bout de refrain, un couplet, quelques mesures et des mots « en chewing-gum » quand ils nous échappent. On tente alors d’en retrouver les paroles, de compléter la mélodie, se la remémorer en entier. Certains, au fil des heures, des activités, vont laisser tomber, oublier à nouveau. D’autres vont écouter la chanson, une fois, plusieurs fois, en boucle parfois. Et puis ?